Attendre les symptômes est risqué

Beaucoup ne consultent un médecin que lorsque quelque chose fait mal ou ne fonctionne plus. Or, certaines des maladies les plus fréquentes et les plus dangereuses se développent sur des années, voire des décennies, sans signe perceptible. L'hypertension, un taux de lipides sanguins élevé, le diabète de type 2 et certains cancers évoluent souvent, à un stade précoce, de manière totalement asymptomatique.

C'est précisément là qu'intervient la médecine préventive. Les examens de dépistage, aussi appelés screening, visent à repérer des facteurs de risque ou des stades précoces de maladies avant qu'ils ne se manifestent.

Ce que le dépistage peut apporter

Le bénéfice des examens de dépistage dépend fortement de la maladie concernée, de l'âge et du groupe à risque. Parmi les exemples bien étayés :

  • Dépistage du cancer colorectal : la coloscopie peut détecter et retirer des lésions précancéreuses avant l'apparition d'un cancer
  • Dépistage du cancer du sein : la mammographie réduit de façon avérée la mortalité dans certaines tranches d'âge
  • Mesure de la tension artérielle : la détection précoce de l'hypertension permet un traitement en temps utile
  • Test de glycémie : il dépiste le diabète ou ses stades précoces, lorsque les contre-mesures sont encore très efficaces
  • Dépistage du cancer de la peau : il permet de repérer tôt les grains de beauté modifiés

Ce que le dépistage ne peut pas faire

Une vision équilibrée s'impose : tous les programmes de dépistage ne sauvent pas des vies. Certains examens conduisent à des surdiagnostics, c'est-à-dire à la découverte d'anomalies qui ne seraient jamais devenues cliniquement pertinentes, mais qui sont traitées, ce qui comporte des risques et des contraintes.

Une décision éclairée concernant les examens de dépistage suppose de connaître à la fois leurs bénéfices possibles et leurs limites et risques.

C'est pourquoi l'échange avec un médecin est déterminant. Les facteurs de risque individuels, les antécédents familiaux et les préférences personnelles contribuent à déterminer quels examens sont pertinents, et à quel moment.

Pourquoi beaucoup repoussent la prévention

Les études montrent que, malgré des offres gratuites, une part importante de la population ne recourt pas aux examens de dépistage. Les raisons en sont multiples :

  • la peur de ce qui pourrait être découvert
  • un manque de connaissance des offres et des recommandations
  • le manque de temps et les obstacles d'organisation
  • le sentiment d'être en bonne santé et de n'avoir besoin d'aucun examen

La prévention comme décision active

La santé n'arrive pas simplement, elle se construit aussi. Recourir aux examens de dépistage est un moyen concret d'agir activement sur sa propre santé. En France, l'Assurance Maladie prend en charge les coûts d'un grand nombre d'examens adaptés à l'âge. Connaître ses droits et les utiliser, c'est agir avec prévoyance.